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Formation DUT informatique : ce qui a changé avec le BUT

7 septembre 2026 · Équipe Informatique et Libertés Formation

Étudiante en formation DUT informatique devenue BUT travaillant sur un poste IUT pour préparer un projet en alternance
Étudiante en formation DUT informatique devenue BUT travaillant sur un poste IUT pour préparer un projet en alternance

Formation DUT informatique : ce qu’il faut savoir en 2026

Vous cherchez une formation DUT informatique pour entrer dans le numérique après le bac et vous tombez sur des intitulés qui ne semblent plus tout à fait coïncider. C’est normal. Le DUT (Diplôme universitaire de technologie) informatique, tel qu’il a existé pendant cinquante ans dans les IUT (Instituts universitaires de technologie), n’est plus délivré sous cette forme depuis la rentrée 2021. Il a été remplacé par le BUT (Bachelor universitaire de technologie) informatique, un diplôme en trois ans valant 180 crédits ECTS et grade de licence. Quand un candidat ou un parent évoque aujourd’hui une formation DUT informatique, il vise donc dans la quasi-totalité des cas ce nouveau cursus, qui en garde l’esprit professionnalisant mais en élargit le périmètre.

La réforme de 2021 : du DUT au BUT informatique

Jusqu’en 2021, le DUT informatique était un diplôme bac+2 délivré en deux ans dans les IUT, suivi très souvent d’une licence professionnelle d’une année supplémentaire. Cette architecture présentait deux limites. D’une part, la sortie à bac+2 ne correspondait plus au standard européen LMD (Licence, Master, Doctorat) calé sur 180 ECTS pour le grade de licence. D’autre part, le passage par une licence pro externe au cursus IUT créait une rupture pédagogique inutile pour les étudiants qui visaient une insertion à bac+3.

L’arrêté du 6 décembre 2019 a donc instauré le BUT, qui intègre l’ancien DUT et l’ancienne licence professionnelle dans un parcours unique de trois ans. Concrètement, depuis septembre 2021, vous ne vous inscrivez plus en DUT informatique : vous vous inscrivez en BUT informatique. Le diplôme intermédiaire de DUT continue toutefois d’être délivré à la fin de la deuxième année, à la demande de l’étudiant qui souhaite arrêter ou bifurquer. La formation DUT informatique au sens historique survit donc comme étape, pas comme finalité.

Cette bascule s’est faite à effectifs constants dans les IUT, avec les mêmes équipes pédagogiques et le même ancrage professionnel. Les programmes nationaux, dits PN, ont été réécrits pour intégrer les compétences attendues à bac+3 et pour structurer le cursus autour de cinq parcours, contre une option unique de l’ancien DUT.

Les cinq parcours du BUT informatique

À l’issue de la première année commune, l’étudiant choisit l’un des cinq parcours qui structurent les deuxième et troisième années. Chaque parcours correspond à une famille de métiers identifiée et donne lieu à des enseignements spécialisés représentant environ un tiers du volume horaire.

Le parcours Réalisation d’applications : conception, développement, validation prépare aux métiers de développeur logiciel, développeur web et mobile, ingénieur d’études en développement. C’est le parcours le plus généraliste sur le code et l’ingénierie logicielle.

Le parcours Déploiement d’applications communicantes et sécurisées vise les métiers d’administrateur systèmes et réseaux, technicien sécurité, intégrateur d’infrastructures. Il met l’accent sur les réseaux, le cloud, la cybersécurité opérationnelle et le DevOps.

Le parcours Administration, gestion et exploitation des données prépare aux métiers d’administrateur de bases de données, intégrateur data, technicien BI. Il combine bases relationnelles, NoSQL et premiers pas en data engineering.

Le parcours Intégration d’applications et management du système d’information ouvre vers les métiers d’intégrateur ERP, consultant fonctionnel junior, gestionnaire d’applications. Il met le SI en perspective avec les processus métier de l’entreprise.

Le parcours Réalisation d’applications : informatique, mobilité, intelligence artificielle est plus récent et oriente vers le développement d’applications mobiles et l’intégration de briques d’IA. Tous les IUT ne le proposent pas.

Tous les parcours partagent un socle commun la première année : algorithmique, programmation, bases de données, architecture des ordinateurs, mathématiques pour l’informatique, expression et communication, anglais, gestion de projet. Cette première année commune permet une réorientation interne avant le choix de parcours.

Où candidater : IUT, Parcoursup et sélection

Près de quarante IUT proposent aujourd’hui la formation DUT informatique sous son nom actuel de BUT informatique, des grandes métropoles aux villes moyennes. Sans dresser une liste exhaustive, on retrouve cette offre à Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Aix-Marseille, mais aussi à Béziers, Laval, Fontainebleau, Belfort-Montbéliard, Limoges, Reims, Brive, Annecy ou La Rochelle. Le maillage territorial des IUT est l’un des points forts de cette filière, comparé aux écoles d’ingénieurs souvent concentrées en métropole.

Tous les IUT ne proposent pas tous les parcours. Avant de candidater, vous avez intérêt à consulter le détail des parcours offerts par chaque IUT cible, notamment pour les parcours intelligence artificielle ou administration de données qui ne sont ouverts qu’à une partie du réseau. La capacité d’accueil annuelle se situe en général entre 56 et 168 places par IUT et par promotion, soit un total national supérieur à 4 500 places.

L’admission en formation DUT informatique, devenue BUT informatique, passe par Parcoursup, comme l’ensemble des formations post-bac publiques. Vous formulez votre vœu pour un IUT précis, en indiquant si vous souhaitez la voie classique ou la voie en alternance, lorsque cette dernière est ouverte dès la première année.

Les profils retenus sont majoritairement issus du bac général avec spécialités mathématiques et NSI (Numérique et sciences informatiques) ou maths et physique-chimie. Le bac STI2D (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), spécialité SIN (Systèmes d’information et numérique), constitue la deuxième voie d’entrée la plus représentée. Les bacs professionnels SN (Systèmes numériques) accèdent également au cursus, en bénéficiant de quotas spécifiques fixés par l’arrêté du 14 novembre 2019.

La sélection prend en compte le dossier scolaire de première et de terminale, la cohérence du projet motivé, les éventuelles activités extrascolaires liées à l’informatique. L’expérience d’un projet personnel de programmation, d’une participation à un club de robotique, d’un stage en entreprise informatique ou d’une certification en ligne valorise utilement le dossier. Pour préparer votre candidature, prendre le temps de rédiger un projet de formation motivé pour le BUT informatique ciblé, qui décrit clairement les parcours visés et un objectif professionnel cohérent, change réellement la lecture du dossier par les jurys.

L’alternance, une voie qui monte

L’alternance n’est pas ouverte en première année du BUT informatique : la formation reste alors initiale. À partir de la deuxième année, dans la quasi-totalité des IUT, l’étudiant peut basculer en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation pour la deuxième et la troisième année, soit un cumul de 24 mois d’expérience en entreprise au total quand on inclut le rythme alterné.

Le rythme typique alterne deux à trois semaines en entreprise et une à deux semaines à l’IUT, avec des variantes selon les établissements. L’apprenti perçoit une rémunération légale calée sur un pourcentage du SMIC variant en fonction de l’âge et de l’année de cursus, sans frais de scolarité à sa charge. Le coût pédagogique est financé par l’OPCO (Opérateur de compétences) de la branche de l’employeur. Pour un étudiant en BUT informatique, l’alternance présente un triple avantage : insertion facilitée, financement des études et accumulation d’une expérience qui pèse au CV dès la sortie.

La sélection en alternance ajoute une étape : la recherche d’un employeur. Les services relations entreprises des IUT accompagnent généralement cette recherche, mais la responsabilité reste au candidat. Mieux vaut commencer la prospection plusieurs mois avant la rentrée concernée.

Débouchés et poursuite d’études

À l’issue d’un BUT informatique obtenu à bac+3, deux logiques s’offrent au diplômé.

La première logique est l’insertion professionnelle directe. Selon le parcours choisi, les postes immédiatement accessibles couvrent le développement d’applications web et mobiles, l’administration de systèmes et de réseaux, le support de niveau 2, la gestion de bases de données, l’intégration logicielle, le test logiciel et l’analyse de données junior. Les rémunérations d’embauche en France en 2025 et 2026 se situent entre 28 000 et 38 000 euros bruts annuels selon la région, le parcours et la maturité du candidat.

La seconde logique est la poursuite d’études. Le grade de licence du BUT permet une candidature en master à l’université dans les mentions informatique, MIAGE (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises), cybersécurité, science des données ou intelligence artificielle. Il ouvre également la voie aux écoles d’ingénieurs en admission parallèle, à des concours communs comme la banque Polytech ou la banque INP, et à certaines écoles de management spécialisées dans le numérique. Les passerelles existent enfin vers les masters professionnalisants en gestion de la donnée, en conformité numérique et en management de projet IT.

Ce panorama explique pourquoi la formation, ancien DUT et nouveau BUT, reste parmi les filières post-bac les plus demandées du numérique. Pour comparer cette voie avec les autres diplômes accessibles, vous pouvez consulter notre comparatif des diplômes informatiques BTS, BUT, licence et master, qui détaille les durées, les coûts et les profils visés. Le bon choix se fait toujours en miroir d’un projet professionnel précis, pas d’un effet de mode sur les intitulés.